01 / 06 / 2026 / Incendie et fumée

Protection incendie dans les bâtiments fermés temporairement ou en rénovation

Un bâtiment, même s’il n’est pas occupé de manière ordinaire, continue de présenter des risques en matière d’incendie, en particulier s’il est en rénovation ou temporairement fermé.

La protection incendie dans les bâtiments fermés temporairement ou en rénovation doit être évaluée en fonction de l’état réel du bien, de l’usage prévu, de la charge combustible existante et des conditions de maintenance des systèmes de protection incendie. Même si le bâtiment ne présente pas d’occupation ordinaire, il peut conserver des installations en service, des zones techniques actives, des travaux provisoires ou des éléments de compartimentage affectés par la rénovation.

Cette approche ne concerne pas la protection de bâtiments abandonnés, mais des immeubles destinés à être réoccupés, rénovés, loués, vendus ou remis en service. Dans ces cas, l’objectif est de vérifier si le bâtiment conserve les performances prévues en matière de propagation intérieure, de compartimentage, de contrôle des fumées, de stabilité des éléments résistants au feu et de disponibilité opérationnelle des systèmes de protection incendie.

Cette révision doit être réalisée en prenant comme référence les exigences applicables du CTE DB-SI et du RIPCI, en particulier lorsque la fermeture temporaire ou la rénovation peut affecter le compartimentage, les cheminements d’évacuation, le contrôle des fumées ou le fonctionnement des systèmes de protection incendie.

Que découvrirez-vous dans cet article ?

  • Pourquoi un bâtiment temporairement fermé présente toujours un risque d’incendie
  • Évaluation initiale de la sécurité incendie pendant la fermeture ou la rénovation
  • Mesures de protection incendie dans les bâtiments fermés temporairement ou en rénovation
  • Particularités de la protection incendie dans les bâtiments réhabilités

Pourquoi un bâtiment temporairement fermé présente toujours un risque d’incendie

Dans un bâtiment temporairement fermé ou en phase de rénovation, le risque d’incendie ne disparaît pas : il évolue en fonction de l’état réel du bien. Pendant cette phase, des zones en service, des espaces en travaux, des installations provisoires et des éléments constructifs n’ayant pas encore retrouvé leurs performances définitives peuvent coexister.

Phases de chantier avec protection incomplète ou modifiée

Pendant une rénovation, le bâtiment peut être temporairement divisé en zones présentant différents niveaux d’intervention : espaces déjà exécutés, zones en chantier, espaces en attente de travaux et cheminements provisoires de passage ou de travail.

Ce point est particulièrement important, car la sécurité incendie ne doit pas être évaluée uniquement à l’état final du projet, mais également pendant les phases intermédiaires d’exécution. À chaque phase, il convient de vérifier que les conditions existantes ne génèrent pas de communications non prévues entre compartiments et n’augmentent pas le risque de propagation du feu ou des fumées.

Travaux de chantier générant des sources d’inflammation

Les travaux peuvent intégrer des opérations présentant un risque spécifique d’incendie, comme la découpe, la soudure, l’utilisation de meuleuses, les travaux électriques, l’application de chaleur ou l’emploi de machines portatives. Ces opérations doivent être évaluées en relation avec la charge combustible à proximité, la ventilation de l’espace et la disponibilité des moyens de détection et d’extinction.

Stockages temporaires et matériaux non prévus dans l’usage initial

Pendant la fermeture ou la rénovation, des matériaux qui ne faisaient pas partie de l’usage habituel du bâtiment peuvent apparaître : emballages, palettes, isolants, mobilier retiré, plastiques de protection, câblages ou déchets de chantier.

Le risque ne dépend pas uniquement de la quantité de matériau, mais aussi de son emplacement. Les stockages situés près des gaines techniques, passages d’installations, locaux techniques, vides verticaux ou éléments de compartimentage peuvent favoriser la propagation du feu et des fumées.

Évaluation initiale de la sécurité incendie pendant la fermeture ou la rénovation

Pendant une rénovation, le bâtiment doit être analysé comme une configuration provisoire, et non comme le bâtiment d’origine ni comme le bâtiment terminé. Cela est particulièrement important lorsque les travaux sont réalisés par phases et que coexistent des zones opérationnelles, des espaces en cours d’intervention et des zones restant à aménager.

Du point de vue de la protection incendie, la révision doit se concentrer sur trois aspects : vérifier si les compartiments coupe-feu restent définis, si les limites de compartimentage conservent leur continuité et si les fumées peuvent se propager par des ouvertures, atriums, gaines techniques, faux plafonds ou grands espaces ouverts.

Dans ce type d’intervention, une ouverture provisoire, un passage d’installations non traité ou une barrière temporairement retirée peut modifier le comportement du bâtiment face au feu. C’est pourquoi la protection incendie doit également être analysée pendant la phase de chantier, et pas seulement dans la solution finale projetée.

Mesures de protection incendie dans les bâtiments fermés temporairement ou en rénovation

Les mesures de protection incendie dans les bâtiments fermés temporairement ou en rénovation doivent être définies à partir du risque réel du bien et de l’état de ses systèmes existants. Il convient de prendre en compte la protection active et passive, la maintenance des systèmes de protection incendie, le contrôle des accès, la gestion de la charge combustible et les conditions d’intervention des services de secours.

Cependant, dans les bâtiments dont l’activité est suspendue ou en phase de rénovation, le compartimentage incendie joue un rôle particulièrement important. En cas d’incendie et en l’absence d’occupation ordinaire, la capacité du bâtiment à limiter la propagation du feu et des fumées entre compartiments peut être déterminante pour réduire les dommages, éviter l’atteinte des zones adjacentes et faciliter l’intervention.

Compartimentage contre la propagation du feu

Le compartimentage incendie consiste à diviser un bâtiment en compartiments coupe-feu indépendants, délimités par des éléments présentant une résistance au feu déterminée. Son objectif est d’empêcher que le feu, les fumées et la température ne se propagent librement depuis la zone affectée vers d’autres espaces du bâtiment.

Rideaux coupe-feu et barrières fixes de contrôle des fumées

Les rideaux coupe-feu fixes peuvent être utilisés comme solution textile permanente dans les points où il est nécessaire de maintenir une séparation résistante au feu sans recourir à des éléments constructifs conventionnels. Leur fonction est de contribuer au compartimentage du bâtiment, en limitant la propagation du feu entre zones communicantes, toujours conformément au classement exigé et aux conditions d’installation du projet.

Les barrières fixes de contrôle des fumées peuvent, quant à elles, agir comme éléments de délimitation ou de canalisation des fumées. Dans le premier cas, elles permettent de contenir les gaz à l’intérieur d’un réservoir de fumées déterminé ; dans le second, elles contribuent à les conduire vers les zones prévues d’évacuation ou d’extraction. Ce type de solution est particulièrement utile dans les plateformes logistiques, grands entrepôts, parkings, atriums ou espaces de grand volume.

Particularités de la protection incendie dans les bâtiments réhabilités

Dans les bâtiments réhabilités, la protection incendie doit s’adapter aux contraintes de l’immeuble existant et au nouvel usage prévu. Contrairement à une construction neuve, l’intervention peut être conditionnée par des éléments structurels, des hauteurs libres, des ouvertures existantes, des cheminements d’évacuation, des gaines techniques, des installations préexistantes ou des critères de conservation architecturale.

Dans ces cas, le compartimentage joue un rôle essentiel, car il permet de concilier les exigences de sécurité avec la configuration réelle du bâtiment. Il n’est pas toujours possible d’intégrer des solutions constructives conventionnelles sans affecter la distribution, l’esthétique ou la fonctionnalité de l’espace. C’est pourquoi les solutions textiles peuvent constituer une alternative efficace dans les zones où il est nécessaire de compartimenter sans introduire d’éléments permanents à fort impact.

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